Prenons par exemple les danses nues. Sous des climats normalement tempérés, on a rarement l'occasion de se trémousser à minuit dans le plus simple appareil, sans parler des désagréments que causent les cailloux, les chardons et les hérissons inopinés.
Prenons ensuite cette histoire de dieux à tête de bouc. La plupart des sorcières ne croient pas aux dieux. Elles savent que les dieux existent, bien entendu. Elles traitent même avec eux à l'occasion. Mais elles ne croient pas en eux. Elles les connaissent trop bien. Ce serait comme croire au facteur.
Et maintenant, le boire et le manger - les morceaux de reptiles, tout ça. En vérité, les sorcières ne courent guère après ce genre de menu. La pire critique qu'on puisse émettre sur les habitudes alimentaires des sorcières âgées, c'est qu'elles ont tendance à aimer les gâteaux secs trempés dans un thé tellement chargé en sucre que la cuiller tient debout toute seule et qu'elles boivent dans la soucoupe si elles jugent le breuvage trop chaud. [...]
Enfin, restent les sabbats eux-mêmes. La sorcière classique n'est pas, par nature, sociable avec ses collègues. Ce sont toutes des personnalités dominantes en perpétuel conflit. Des chefs de groupe sans groupe. Qui appliquent la règle tacite de base de la sorcellerie, à savoir : Ne fais pas ce que tu veux, fais ce que je dis. L'effectif normal d'un convent est d'un membre. Les sorcières se rassemblent uniquement quand elles ne peuvent pas faire autrement."
Terry Pratchett dans "Mécomptes de fées"